Tag Archives: BD

A l’Ouest, rien de nouveau

23 Avr

Partez à la conquête de l’Est et filez à la Ferme du Buisson, dont le charme bucolique s’accorde si bien au retour du printemps. A 20 minutes de Nation sur la route du royaume de Disney, vous y trouverez de quoi alimenter votre passion des petits Mickey.

Le Pulp Festival, maintenant à sa deuxième édition, est un festival pluridisciplinaire autour de la bande dessinée, créé par la Ferme du Buisson avec le soutien de la chaîne ARTE.  Le week-end du 10 au 12 avril, conférences et spectacles s’y succédaient dans le cadre du Pulp festival. C’est fini, mais les expos restent ouvertes jusqu’au 26 avril.

Après la Ferme des Animaux, l’installation La Chute de la Maison Usher s’attaque à un autre monument de la littérature et vous fera pénétrer dans l’univers d’Edgar Allan Poe.

Pour plonger vingt mille lieues sous les mers, rendez-vous aux Écuries, avec Jim Curious, une exploration aquatique de la BD de Matthias Picard.

Bandes fantômes est une exposition poétique tant dans la forme que dans le fond. Son sujet : les projets qui n’ont jamais vu le jour. Panne d’éditeur, manque de budget, lassitude, désaccord entre le scénariste et le dessinateurs… les raisons ne manquent pas pour laisser un album en suspens, que son auteur soit une star du 9e art ou un illustre inconnu.

Dans la médiathèque, la fresque La Grande Guerre nous raconte dans les détails le premier jour de la bataille de la Somme. Ne pas oublier de se munir de jumelles pour ne rien manquer.

Qui n’a jamais rêvé de se plonger à l’intérieur des pages d’un album comme dans le clip vintage de A-ha ?

C’est chose faite avec La Visite des lycéens, une expo interactive hyper ludique et pas très sage. Attention, ça va saigner, mais ça devrait également plaire aux plus jeunes.

Ruppert et Mulot nous gâtent avec une deuxième expo : Le Petit Théâtre de l’ébriété. Des petites scènes à actionner soi-même à l’aide d’un dispositif composé d’un tourne-disque et d’un stroboscope nous raconte une audition théâtrale quelque peu éméchée.

Bref, vous avez l’embarras du choix, mais plus beaucoup de temps devant vous. Vite, vite, vite !

Publicités

East is East

22 Août

Je n’envisage pas un séjour à Berlin, sans un passage dans l’une de mes librairies préférées, Modern Graphics.

IMG_0301

Modern Graphics a deux magasins à Berlin. Celui que je fréquente se situe à Kreuzberg, au 22 Oranienstr. C’est le genre d’endroits où il est agréable de fureter pendant des heures. La belle sélection d’éditeurs indépendants permet de prendre le pouls de la BD allemande actuelle.

La BD germanophone ne déchaîne guère les foules en France, malgré le prix Révélation de l’autrichienne Ulli Lust en 2011 à Angoulème, ou plus récemment, le joli succès de La Ronde de Birgit Weye. Pourtant, les albums intéressants ne manquent pas et je reviens toujours avec une ou deux trouvailles dans ma besace. Cette fois-ci, j’ai porté mon choix sur un ouvrage paru en 2009, mais toujours pas traduit en français (avis aux éditeurs !), Grenzgebiete, de claire Lenkova, publié par Gerstenberg et une nouveauté, 17. Juni, d’Alexander Lahl, Tim Köhler et Max Mönch (dessins de Kitty Kahane), paru chez Metrolit. L’histoire récente de l’Allemagne de l’Est et les rapports Est-Ouest constituent souvent une source d’inspiration pour les auteurs allemands (à lire en français, De l’autre côté, de Simon Schwartz) et c’est le cas pour ces deux ouvrages.  Grenzgebiete est un récit personnel sur une enfance à la frontière Est-Ouest, tandis que 17. Juni suit la quête d’Eva, cherchant son amoureux, Armin, disparu au lendemain de l’insurrection de juin 1953 en Allemagne de l’Est.

IMG_0327

Parcourir les rayonnages donne aussi l’occasion de voir la portée de la bande-dessinée francophone en Allemagne. Ce ne sont pas seulement les stars, comme Marjane Satrapi et Joann Sfar (publiés respectivement chez Edition Moderne avant verlag), qui sont traduits en allemand, mais aussi certains auteurs plus confidentiels. Surprise : Carlsen Verlag a lancé une collection destinée aux femmes. Je ne suis pas sûre de ce que je pense de cette initiative, mais les auteurs francophones y sont bien représentées : Pénélope Beaugieu, mais aussi Margaux Motin ou Hubert et Marie Caillou.

Heroes

30 Mai

Je suis finalement allée voir Avengers ce week-end et je boucle en ce moment ma première traduction d’un comics de super-héros. Autant dire que je baigne dans les super-pouvoirs… et le second degré, car mon héros, Butcher Baker, n’est pas du genre traditionnel. Désabusé, obsédé sexuel et peu soucieux des dommages collatéraux, il passe sa retraite entre orgies et beuveries, lorsque un politicien lui demande de reprendre du service pour une mission secrète : faire exploser une prison de haute sécurité où sont enfermés un paquet de super-méchants hauts en couleur. Il accepte, mais quelques super-villains survivent à l’attaque et sont bien décidés à se venger… L’histoire de Joe Casey semble simple, mais part dans tous les sens. Ses dialogues émaillés de jurons et de tirades poétiques et ses références à l’Americana ont attiré mon attention de traductrice ! En parfaite adéquation, les dessins hyper dynamiques de Mike Huddleston passent avec brio de la couleur au noir et blanc. Les couvertures des albums sont particulièrement originales et barrées. La version française sortira en octobre, publiée par le label 619.

Autre nouvelle du neuvième art : Le Tueur de la Green River, que j’ai traduit il y a quelques mois est paru récemment. Ce roman graphique retrace l’affaire du tueur en série Gary Leon Ridgway. Sur un scénario de Jeff Jensen, fils de Tom Jensen, l’enquêteur chargé de l’affaire, le récit évite tout sensationnalisme . Il est parfaitement servi par le dessin sobre et classique de Jonathan Case, dont je suis désormais fan. (Je vous recommande d’ailleurs son premier ouvrage, Dear Creature.) Cerise sur le gâteau, l’édition est particulièrement soignée et le texte est préfacé par Stéphane Bourgoin, spécialiste des tueurs en série.

Quelques critiques :

http://lecomptoirdelabd.blog.lemonde.fr/2012/05/19/lhumanite-a-lepreuve-au-bord-de-la-green-river/

http://www.comicsallday.blogspot.fr/2012/05/le-tueur-de-la-green-river.html

http://www.nrblog.fr/casedepart/2012/05/22/qui-etait-le-tueur-de-la-green-river/

Viens petite fille dans mon comic strip

16 Août

J’adore les nouveaux défis et je suis particulièrement enthousiasmée par mon tout dernier projet : l’adaptation de la BD de Dan Hipp, Gyakushu!  Bien que le titre soit paru chez Tokyopop, ce n’est pas un manga mais un comic, ce qui correspond davantage à ma culture BD, acquise en partie en lisant gamine les Strange et Nova de mes grands frères. Gyakushu! est une histoire de vengeance, qui emprunte aux films de samuraï, aux westerns spaghetti et à Tarantino, dans un style pourtant très personnel.

C’est la toute première fois que je travaille sur une BD et je l’aborde avec des réflexes de sous-titrage : quel rapport entre texte et image, comment écrire la langue parlée, comment réduire le nombre de caractère sans sacrifier le sens… Je me retrouve aussi face à des questions nouvelles. Les onomatopées par exemple. Bon d’accord, « Bam », c’est assez simple, mais « Rip » ? Quel bruit ça fait un tissu qu’on déchire ?

Au delà de ces interrogations pratiques, traduire une fiction, c’est aussi respecter son ton et son esprit.  L’album de Dan Hipp est intelligent, rythmé et diablement efficace. J’espère lui rendre justice. Pour plonger dans son univers à la fois référentiel et original, j’ai choisi de revoir Kill Bill. Une façon de joindre l’utile à l’agréable.

Vous pouvez explorer le monde de Dan Hipp sur son blog : www.mrhipp.com