Rendez-vous

29 Mar

L’affaire est désormais rodée. Comme chaque année, traducteurs et éditeurs avaient rendez-vous à la veille de l’ouverture officielle du Salon du Livre pour les Rencontres de la traduction. Des tables rondes, des interventions, l’occasion d’échanger quelques mots entre confrères et un objectif de réaffirmer la place de la traduction et des traducteurs au sein de la chaîne des métiers du livre.

La première table ronde, Traduire hier aujourd’hui et demain, présentait un état de lieu de la profession et de son évolution depuis la création de l’ATLF, qui a vu le nombre de ses adhérents décupler en quarante ans. Les intervenants ont partagé leur expérience et l’un des thèmes qui a émergé est celui de la professionnalisation, et avec lui, la question de la formation. L’école de traduction littéraire du CNL a récemment ouvert ses portes. Ses 16 premiers élèves traduisent 14 langues, ont en moyenne 35 ans et 3 à 4 publications à leur actif. Parallèlement, depuis la première formation lancée par l’institut Charles V à Paris, on assiste à la création désordonnée de nombreux Masters de traduction littéraire. Au total, pas moins de 120 étudiants, parmi lesquels 90 anglicistes en sortent diplômés chaque année, une aberration. Cette situation fait écho à celle de la traduction audiovisuelle abordée lors de la quatrième et dernière table ronde, Traduire l’image. Alors que l’on compte 600 à 800 adaptateurs en exercice, 100 nouvelles personnes entreraient chaque année sur le marché, soit un volume bien trop important pour être absorbé.

M’étant déjà penchée sur la question, j’étais particulièrement intéressée par cette dernière table ronde, qui promettait un parallèle entre les métiers de l’adaptation audiovisuelle et ceux de la traduction de bande-dessinée et romans graphiques. Je dois avouer que j’ai été amèrement déçue, puisque le débat s’est résumé à une présentation de la situation actuelle des adaptateurs de sous-titrage et de doublage. Le sujet n’est pas inintéressant, mais n’a pas de lien direct avec le livre et la traduction d’édition. Et plus qu’une réflexion sur un thème, il s’agissait de la présentation d’informations déjà disponibles dans de nombreux articles et notamment sur le site de l’Ataa, dont la présidente était l’une des intervenantes.

Auparavant, Traduire les sciences sociales présentait les enjeux et difficultés de ce secteur. J’ai retenu que l’anglais et l’allemand étaient les deux principales langues des ouvrages de sciences humaines, mais pas nécessairement les plus représentées dans le fascicule publié par l’EHESS, 32 ouvrages à traduire. Un point pour la diversité des langues !

De diversité il était également question dans la deuxième table ronde, Traduire au-delà des frontières, qui a abordé les thèmes de la traduction d’une « petite » langue comme l’islandais, ou de la littérature de genre, ou encore du passage de la traduction éditoriale à la traduction dite pragmatique. J’ai beaucoup aimé l’intervention de Débora Farji-Haguet, qui revendique fièrement les deux casquettes et qui, comme moi, se présente tout simplement comme « traductrice ». J’ai apprécié également les commentaires d’Eric Boury, refusant la barrière entre les « belles lettres » et le reste. J’estime qu’un point fort de ces rencontres étaient précisément de donner la parole à des traducteurs d’essais, de polars et de fantasy, au moins tout aussi représentatifs de la profession que ceux de Shakespeare ou de Goethe. J’espère que cette tendance se confirmera lors des prochaines rencontres. Rendez-vous dans un an !

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