Mind your language

27 Déc

« Cultivez vos langues de travail », tel était le thème de la dernière matinale de la Société Française des Traducteurs. Un samedi par mois, de 10H à 12H, la SFT organise une rencontre ouverte à tous, adhérents et non adhérents, autour d’un sujet donné. Nos langues de travail, source(s) et cible(s) sont des outils précieux, qui méritent tous nos soins. La matinée se composait de deux présentations, l’une sur la langue source et l’autre sur la langue-cible, mais à mon avis, la plupart des conseils sont applicables à toutes les langues de travail.

Le maître-mot ? La pratique ! Que ce soit pour l’écrit ou pour l’oral, pour la compréhension ou pour l’expression, une pratique régulière permet de maintenir son niveau. Eve Bodeux, chargée de la première présentation, a suggéré les commandes de livres en ligne, les e-books gratuits du projet Gutenberg, le site de la Bibliothèque nationale de France (NB : une application Gallica est désormais disponible pour iPad et android), les Kindle et iPad avec notamment la possibilité d’ouvrir un compte Amazon ou iTunes à l’étranger, la recherche de pdf de livres gratuits sur Internet, l’utilisation de dictionnaires monolingues, la lecture de blogs et de journaux, l’application Next Issue sur iPad, les échanges avec des amis étrangers, les conversations sur Skype, les émissions de télévision, en particulier les quizz culturels, le visionnage de films avec et sans sous-titres, les podcasts, la radio, YouTube, Spotify, la technique de shadowing de nos collègues interprètes, la préparation à un examen destiné aux locuteurs, les cours en ligne des universités, le programme eTandem, le suivi de comptes twitter dans la langue voulue et notamment ceux portant sur la grammaire, la participation à un atelier d’écriture, l’enseignement de la langue et l’inscription aux listes de discussions bilingues des associations professionnelles, l’immersion permanente ou temporaire… En bref, les moyens ne manquent pas de lire, écrire, écouter et parler…

A ce sujet, Chris Durban est intervenue pour souligner l’importance de s’adresser aux clients dans leur langue. C’est non seulement une courtoisie élémentaire, mais aussi un gage de crédibilité. Je pense aussi qu’une mauvaise expression orale dessert bien souvent les traducteurs. Si la maîtrise orale d’une langue étrangère n’est pas nécessaire pour traduire, elle permet en revanche de mieux communiquer avec ses clients et de les mettre en confiance.

Dans la deuxième présentation, nos collègues brésiliens, Maria, Cido et Evaldo, nous ont expliqué leur stratégie pour travailler leur portugais depuis Paris. Ils se réunissent une fois par mois pour une réflexion autour du vocabulaire, des collocations et de la grammaire. Maria avait depuis longtemps identifié le besoin d’un travail plus actif qu’une simple lecture et s’efforçait déjà de surligner ses revues brésiliennes à coups de stabilo en vue de noter les évolutions de la langue. Elle s’est par ailleurs rappelé son expérience des « groupes de travail » à l’université brésilienne, où des étudiants se réunissaient pour plancher sur un sujet donné. Toutefois, il lui fallait trouver les bonnes personnes pour créer cette petite cellule. C’était chose faite avec Evaldo et Cido, dont elle avait eu l’occasion de relire le travail à plusieurs reprises. Ce type de groupe nécessite de se sentir en confiance, car il implique de se montrer vulnérable et de livrer ses petites astuces. Cela suppose aussi un groupe relativement restreint. Selon Maria, Evaldo et Cido, la formule ne fonctionnerait pas s’ils étaient trop nombreux. Dans leur cas, la magie a pris et tout se passe à merveille. En bonus, ces rencontres sont l’occasion de parler de leur activité, des tendances du marché et de ses perspectives et d’échanger tuyaux et conseils de lectures…

J’ai été très enthousiasmée par l’expérience des traducteurs brésiliens, car je sais pour avoir vécu à l’étranger comme il est facile de perdre la finesse d’expression nécessaire à la traduction d’une part et à quelle vitesse la langue  et les références culturelles évoluent d’autre part. Travailler sa langue cible demeure une nécessité lorsqu’on reste au pays, mais c’est un vrai défi quand on s’installe durablement à l’étranger et qu’on s’y intègre. Bravo à eux de l’avoir relevé !

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