Je me souviens…

12 Avr

Déjà presque un mois depuis les 2èmes Rencontres de la traduction au Salon du livre. Compte tenu de la place que tiennent les oeuvres traduites dans les librairies françaises, il était temps, il y a maintenant un an de renouer le dialogue entre traducteurs et éditeurs. En 2011, les premières Rencontres de la traduction, plutôt houleuses, coïncidaient avec  la présentation du rapport Assouline sur la condition du traducteur. Cette année, dans une atmosphère plus apaisée, les Rencontres précédaient la signature du nouveau code des usages entre le Syndicat national du livre (SNE) et l’Association des traducteurs littéraires de France (ATLF). Rappelons que la dernière version du code des usages datait de 1993 !

Comme je n’ai pris aucune note au cours des débats, je me contenterai d’évoquer quelques points qui me sont restés en tête.

J’ai été un peu déçue par la première table ronde, intitulée « A l’ère des nouvelles technologies, le traducteur est-il toujours un passeur ? » Alors que je m’attendais à une réflexion sur l’impact de l’édition numérique sur les conditions de travail des traducteurs, le sujet a été à peine effleuré en fin de discussion. La conversation a beaucoup tourné autour des échanges par e-mail, pas vraiment une évolution récente à mon sens !

À l’inverse, la deuxième table-ronde, consacrée à la traduction de la littérature japonaise, s’est avérée passionnante, alors que le sujet m’inspirait peu. Chaque année, la France publie environ 630 titres traduits du japonais, mais moins de 30 ouvrages sont des romans, l’essentiel de ce chiffre étant constitué de mangas. J’ai été particulièrement intéressée par les interventions de Patrick Honoré, directeur de la collection Picquier Mangas et traducteur de romans comme de mangas. J’ai déjà exposé ici mes impressions sur  la spécificité de la traduction de comics et de BD et notamment ses points communs avec le sous-titrage. Pour Patrick Honoré, la traduction de mangas s’apparente à celle des dialogues d’un roman. Il a évoqué aussi l’impact du succès des mangas sur l’évolution de l’image du Japon aux yeux des Occidentaux.  Le manga a, d’après lui, permis aux Français de pénétrer l’intimité, auparavant cachée, des Japonais. Cela n’est pas sans conséquences sur le dit et le non dit à traduire en littérature. Cette idée m’a fait penser aux effets de la popularisation de la culture américaine sur la traduction audiovisuelle. Il suffit pour l’observer de regarder l’un après l’autre un épisode de Ma sorcière bien-aimée, puis de Friends.

La troisième table-ronde, « l’Atelier du traducteur », réunissait un panel de traducteurs aux profils contrastés : du théâtral André Markowicz, qui a mentionné ses traductions à quatre mains des pièces de Tchekhov avec Françoise Morvan, à David Bellos, qui a traduit, non pas le Je me souviens de Perec, mais La vie mode d’emploi du même auteur, en passant par Khaled Osman, dont l’entrée en traduction avec la littérature de Naguib Mahfouz a des airs de conte des mille et une nuit, ou encore Julie Sibony, pleine d’humour, qui se demande encore ce qu’elle fera comme vrai métier quand elle sera grande. C’était assez réjouissant d’observer la diversité de leurs parcours et de leurs personnalités.

Enfin, la dernière table ronde abordait la question de la retraduction de grandes oeuvres. Les nouvelles traductions sont-elles utiles ? Sont-elles nécessairement meilleures que celles qui les ont précédées ? Leur titre doit -il être de nouveau adapté ? On ne peut en tout cas manquer d’être impressionné par un chantier comme celui de la nouvelle traduction de la Bible parue chez Bayard.

Globalement, une journée bien remplie et qui m’a en plus permis de rencontrer une idole de jeunesse !

 

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