Can you hear them they talk about us…*

30 Juin

La traduction n’est pas un hobby ; c’est mon métier ! C’est une profession qui englobe des occupations diverses, que ce soit en indépendant ou en entreprise. Elle requiert de nombreuses compétences, au-delà de la maîtrise d’une ou plusieurs langues étrangères. C’est un acte de communication complexe et non une tâche scolaire. Pourquoi alors est-ce que je dois entendre régulièrement des commentaires du type :

-Traductrice ? Et… tu en vis ?

-Tu travailles chez toi alors ?

– Tu parles combien de langues ?

– Tu dois être bonne en anglais !

– C’est trop sympa. Tu dois bien t’amuser !

– J’aimerais bien être traducteur, pour ne plus avoir à réfléchir.

Oui, il ne s’agit que d’exemples réels ! En vérité, je ne suis pas choquée que les gens connaissent mal mon métier. Moi-même, il y a beaucoup d’occupations dont je ne sais rien. Ce qui m’agace, ce sont les idées reçues de ceux qui croient savoir de quoi ils parlent.

Traductrice ? Et… tu en vis ?
Les remarques précédentes, hormis la dernière émanant d’un collègue un peu provocateur, sont plutôt innocentes. C’est presque amusant de m’imaginer en artiste sans le sou penchée sur mon pupitre, plume d’oie à la main.

Tu travailles chez toi alors ?
Bientôt à mon compte, après dix ans de salariat, je vais effectivement travailler depuis mon domicile, mais je prévois aussi de m’aérer à la terrasse d’un café et de changer de décor dans un espace de coworking.

Tu parles combien de langues ?
La plupart des traducteurs que je connais ont trois langues de travail, langue maternelle incluse. C’est à dire qu’ils maîtrisent deux langues étrangères. Toutefois, la plupart d’entre eux travaillent principalement voire exclusivement dans une seule paire de langues.

Tu dois être bonne en anglais !
Il ne me viendrait pas à l’esprit de demander à un médecin s’il est bon en biologie, ou de lui annoncer que mon petit cousin est « très bon en biologie aussi » ou encore que ma nièce adore jouer à Docteur Maboul.  Pourtant, une dentiste à qui je répondais que non, je n’étais pas bilingue avait l’air de trouver tout naturel de me demander alors « mais bon, vous vous débrouillez quoi ? » Je dois avouer que l’envie me brûlait de répondre « Non, j’invente. »

C’est trop sympa. Tu dois bien t’amuser !
J’aime mon métier et il est parfois ludique, mais il reste une fois encore, un métier et non une promenade dans un parc d’attractions !

Pendant longtemps, la perspective de ce barrage de questions me faisait éviter de parler de mon travail. Je ne sais pas si c’est mon attitude qui a changé, mais j’ai eu droit à moins de commentaires désagréables dernièrement. Et là, je me prends à rêver à moins d’idées reçues.

*http://en.wikipedia.org/wiki/Our_Lips_Are_Sealed

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3 Réponses to “Can you hear them they talk about us…*”

  1. Anne 27 août 2011 à 2:14 #

    Dans la même veine, je viens de tomber sur ça: Snappy Answers (to Stupid Comments about Translation): http://nopeanuts.wordpress.com/nopeanuts-humor/snappy-answers/

    Bon week-end (et bravo pour le blog!)

Trackbacks/Pingbacks

  1. Entre les deux mon coeur balance « tongue-in-check - 12 mars 2012

    […] déjà expliqué que je n’aime pas trop parler de mon métier, car on me pose toujours les mêmes questions pas toujours très fines. Il y a toutefois une question récurrente pas idiote à laquelle je ne […]

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