Footnote

22 avr

Je suis toujours surprise du nombre de traducteurs qui mettent un point d’honneur à ne jamais lire de traductions. Je lis bien entendu énormément en VO, tant en français qu’en langue étrangère, mais l’idée qu’une traduction serait dans tous les cas inférieure à l’original et indigne d’être lue témoigne d’une bien piètre image de son propre métier. Lire des textes traduits, quelle que soit leur qualité, se révèle de toute façon riche en enseignements puisque c’est l’occasion de se confronter aux trouvailles, aux écueils et plus généralement aux choix de traduction présentés dans l’ouvrage.

Un choix éditorial tend à m’agacer : l’abus de notes de traducteur dans des oeuvres "légères". Je sais que certains apprécient les explications et commentaires sur la culture du roman d’origine, mais lorsque je lis un polar ou de la chick lit, par opposition à un essai, les notes de bas de page ne font que m’interrompre dans ma lecture. Et, non, je ne peux pas simplement faire abstraction ! Le traducteur m’apparaît alors comme un Monsieur je sais tout pontifiant.

Il y a quelques mois, je lisais la traduction d’Olivier Hamilton de L’Aiguille dans la botte de foin (Ernesto Mallo). J’avoue que je serais passée à côté de nombreuses références sans ses abondantes N.d.T, mais était-ce bien nécessaire d’expliquer dès la première apparition du surnom du héros, Perro : « En espagnol, "Le chien", allusion au flair comme au caractère lugubre et solitaire du personnage» ? Tandis que le lecteur hispanophone peut réagir librement aux évocations du surnom, le lecteur francophone a droit à une analyse de texte, alors que le roman ne fait que commencer.

Plus gênant, certaines notes de traducteur du recueil de nouvelles C’est pas la fin du monde, de Kate Atkinson (traduction d’Isabelle Caron), prêtent carrément à sourire.

Ainsi, selon une note, «Les goths sont un avatar des punks : outre des vêtements noirs, ils arborent de longs cheveux noirs, un maquillage blanc, du vernis à ongles et du rouge à lèvres noir.» Une vision un peu restrictive du mouvement gothique, qui n’est pas, loin de là, limité aux pays anglo-saxons !

Plus loin, évoquant la série Urgences, la traductrice choisit de conserver le titre original, E.R., mais indique en note de bas de page : «Feuilleton d’humour noir américain dont l’action se situe dans un hôpital.» Le texte est paru en France en 2003, alors qu’Urgences, diffusé par France 2 depuis 1996, jouissait d’un franc succès.

Parfois, j’aimerais qu’au lieu de me prendre par la main et de m’accompagner dans ma lecture, traducteur et éditeur me fassent confiance et me laisse vagabonder librement au fil des pages.

 

Rendez-vous

29 mar

L’affaire est désormais rodée. Comme chaque année, traducteurs et éditeurs avaient rendez-vous à la veille de l’ouverture officielle du Salon du Livre pour les Rencontres de la traduction. Des tables rondes, des interventions, l’occasion d’échanger quelques mots entre confrères et un objectif de réaffirmer la place de la traduction et des traducteurs au sein de la chaîne des métiers du livre.

La première table ronde, Traduire hier aujourd’hui et demain, présentait un état de lieu de la profession et de son évolution depuis la création de l’ATLF, qui a vu le nombre de ses adhérents décupler en quarante ans. Les intervenants ont partagé leur expérience et l’un des thèmes qui a émergé est celui de la professionnalisation, et avec lui, la question de la formation. L’école de traduction littéraire du CNL a récemment ouvert ses portes. Ses 16 premiers élèves traduisent 14 langues, ont en moyenne 35 ans et 3 à 4 publications à leur actif. Parallèlement, depuis la première formation lancée par l’institut Charles V à Paris, on assiste à la création désordonnée de nombreux Masters de traduction littéraire. Au total, pas moins de 120 étudiants, parmi lesquels 90 anglicistes en sortent diplômés chaque année, une aberration. Cette situation fait écho à celle de la traduction audiovisuelle abordée lors de la quatrième et dernière table ronde, Traduire l’image. Alors que l’on compte 600 à 800 adaptateurs en exercice, 100 nouvelles personnes entreraient chaque année sur le marché, soit un volume bien trop important pour être absorbé.

M’étant déjà penchée sur la question, j’étais particulièrement intéressée par cette dernière table ronde, qui promettait un parallèle entre les métiers de l’adaptation audiovisuelle et ceux de la traduction de bande-dessinée et romans graphiques. Je dois avouer que j’ai été amèrement déçue, puisque le débat s’est résumé à une présentation de la situation actuelle des adaptateurs de sous-titrage et de doublage. Le sujet n’est pas inintéressant, mais n’a pas de lien direct avec le livre et la traduction d’édition. Et plus qu’une réflexion sur un thème, il s’agissait de la présentation d’informations déjà disponibles dans de nombreux articles et notamment sur le site de l’Ataa, dont la présidente était l’une des intervenantes.

Auparavant, Traduire les sciences sociales présentait les enjeux et difficultés de ce secteur. J’ai retenu que l’anglais et l’allemand étaient les deux principales langues des ouvrages de sciences humaines, mais pas nécessairement les plus représentées dans le fascicule publié par l’EHESS, 32 ouvrages à traduire. Un point pour la diversité des langues !

De diversité il était également question dans la deuxième table ronde, Traduire au-delà des frontières, qui a abordé les thèmes de la traduction d’une "petite" langue comme l’islandais, ou de la littérature de genre, ou encore du passage de la traduction éditoriale à la traduction dite pragmatique. J’ai beaucoup aimé l’intervention de Débora Farji-Haguet, qui revendique fièrement les deux casquettes et qui, comme moi, se présente tout simplement comme "traductrice". J’ai apprécié également les commentaires d’Eric Boury, refusant la barrière entre les "belles lettres" et le reste. J’estime qu’un point fort de ces rencontres étaient précisément de donner la parole à des traducteurs d’essais, de polars et de fantasy, au moins tout aussi représentatifs de la profession que ceux de Shakespeare ou de Goethe. J’espère que cette tendance se confirmera lors des prochaines rencontres. Rendez-vous dans un an !

I love Paris in the winter when it drizzles

14 fév

Paris is lovely all year round. And what is not to love about the free ice rink in front of the city hall? Well…

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Still, the ice rink is great. Access is free and you can rent a pair of skates for 5 euros.

 

Money money money

29 jan

 

Budgeting has been on my mind lately. Apparently, I’m not the only one with these thoughts and I came across this interesting piece:

Budgeting like a freelancer

More recently, Corinne McKay gave us an update regarding her take on the frugal lifestyle

Freelance frugality revisited

I find this tool quite useful to figure out what you should charge per hour:

http://freelanceswitch.com/rates/

 

Meanwhile, on the French side of the blogosphere, la Marmite has started a personal finance series a few months ago. Wise advice can be found here:

http://www.lamarmitedutraducteur.com/category/finance-personnelle/

Finally, Patricia, from Intercultural zone shared her experience with cutting down on her phone bill:

Passez votre budget à la loupe

 

Live long and prosper!

It’s a new dawn, it’s a new day…

16 jan

Happy new year!  2013 is starting off, full of promises. You’ve reviewed 2012 and you’ve set new goals for the year to come. Maybe one of them is to get to know other translators, in which case, you should check the Matinales de la SFT if you’re in Paris. In those monthly breakfast sessions open to everyone, you get a chance to learn about a specific aspect of the profession and to share ideas with "colleagues".

If one of your resolutions is to keep your languages in top-notch condition, last month session was loaded with helpful tricks. First, Eve Bodeux shared her ideas on how to maintain your command of your source language(s). Of course, as translators, we need to develop and maintain a perfect understanding of written text in all its nuances. Nothing is more effective for that task than extensive reading of all sorts materials. Same goes for the understanding of spoken language for those of us who work from audiovisual sources. That doesn’t mean we should give up on speaking and writing skills. Those can prove vey useful to communicate with our clients and earn their trust. So, if you’re not doing it already, you might want to consider skyping and writing to foreign friends or practice some interpreting exercises like shadowing.

Later on, Maria Marques explained how she came to create a "study group" with fellow Brazilian translators in Paris Cido and Evaldo. Every translator should take the time to work on their target language. This is especially important when you live away from your home country, as you easily loose touch with language evolution and pop culture trivia. The three Brazilians meet once a month to work on grammar, vocabulary and collocation. This is an awesome idea, but can only work with a small group of people you know and trust.

In any case, the next Matinales will take place this Saturday 19th of January and will deal with copy editors/publishing assistants. As someone who works both with the news business and the publishing industry, and who has gone through some training in copy editing at my last in-house job, I’ll be especially interested to learn more about the process.

Mind your language

27 déc

"Cultivez vos langues de travail", tel était le thème de la dernière matinale de la Société Française des Traducteurs. Un samedi par mois, de 10H à 12H, la SFT organise une rencontre ouverte à tous, adhérents et non adhérents, autour d’un sujet donné. Nos langues de travail, source(s) et cible(s) sont des outils précieux, qui méritent tous nos soins. La matinée se composait de deux présentations, l’une sur la langue source et l’autre sur la langue-cible, mais à mon avis, la plupart des conseils sont applicables à toutes les langues de travail.

Le maître-mot ? La pratique ! Que ce soit pour l’écrit ou pour l’oral, pour la compréhension ou pour l’expression, une pratique régulière permet de maintenir son niveau. Eve Bodeux, chargée de la première présentation, a suggéré les commandes de livres en ligne, les e-books gratuits du projet Gutenberg, le site de la Bibliothèque nationale de France (NB : une application Gallica est désormais disponible pour iPad et android), les Kindle et iPad avec notamment la possibilité d’ouvrir un compte Amazon ou iTunes à l’étranger, la recherche de pdf de livres gratuits sur Internet, l’usage de dictionnaires monolingues, la lecture de blogs et de journaux, l’application Next Issue sur iPad, les échanges avec des amis étrangers, les conversations sur Skype, les émissions de télévision, en particulier les quizz culturels, le visionnage de films avec et sans sous-titres, les podcasts, la radio, YouTube, Spotify, la technique de shadowing de nos collègues interprètes, la préparation à un examen destiné aux locuteurs, les cours en ligne des universités, le programme eTandem, le suivi de comptes twitter dans la langue voulue et notamment ceux portant sur la grammaire, la participation à un atelier d’écriture, l’enseignement de la langue et l’inscription aux listes de discussions bilingues des associations professionnelles, l’immersion permanente ou temporaire… En bref, les moyens ne manquent pas de lire, écrire, écouter et parler…

A ce sujet, Chris Durban est intervenue pour souligner l’importance de s’adresser aux clients dans leur langue. C’est non seulement une courtoisie élémentaire, mais aussi un gage de crédibilité. Je pense aussi qu’une mauvaise expression orale dessert bien souvent les traducteurs. Si la maîtrise orale d’une langue étrangère n’est pas nécessaire pour traduire, elle permet en revanche de mieux communiquer avec ses clients et de les mettre en confiance.

Dans la deuxième présentation, nos collègues brésiliens, Maria, Cido et Evaldo, nous ont expliqué leur stratégie pour travailler leur portugais depuis Paris. Ils se réunissent une fois par mois pour une réflexion autour du vocabulaire, des collocations et de la grammaire. Maria avait depuis longtemps identifié le besoin d’un travail plus actif qu’une simple lecture et s’efforçait déjà de surligner ses revues brésiliennes à coups de stabilo en vue de noter les évolutions de la langue. Elle s’est par ailleurs rappelé son expérience des "groupes de travail" à l’université brésilienne, où des étudiants se réunissaient pour plancher sur un sujet donné. Toutefois, il lui fallait trouver les bonnes personnes pour créer cette petite cellule. C’était chose faite avec Evaldo et Cido, dont elle avait eu l’occasion de relire le travail à plusieurs reprises. Ce type de groupe nécessite de se sentir en confiance, car il implique de se montrer vulnérable et de livrer ses petites astuces. Cela suppose aussi un groupe relativement restreint. Selon Maria, Evaldo et Cido, la formule ne fonctionnerait pas s’ils étaient trop nombreux. Dans leur cas, la magie a pris et tout se passe à merveille. En bonus, ces rencontres sont l’occasion de parler de leur activité, des tendances du marché et de ses perspectives et d’échanger tuyaux et conseils de lectures…

J’ai été très enthousiasmée par l’expérience des traducteurs brésiliens, car je sais pour avoir vécu à l’étranger comme il est facile de perdre la finesse d’expression nécessaire à la traduction d’une part et à quelle vitesse la langue  et les références culturelles évoluent d’autre part. Travailler sa langue source demeure une nécessité lorsqu’on reste au pays, mais c’est un vrai défi quand on s’installe durablement à l’étranger et qu’on s’y intègre. Bravo à eux de l’avoir relevé !

Vacances, j’oublie tout

12 déc

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J’ai mis plus d’un an avant de prendre ma première semaine de vacances en tant qu’indépendante !

J’avais décidé en me mettant à mon compte de me passer de congés pendant une assez longue période, le temps de prendre le pouls de mon activité… Il se trouve que le moment le plus calme de l’année n’est intervenu qu’au bout de six mois. Attendre un an de plus pour partir en vacances dans l’idée que le cycle se répéterait aurait donc impliqué 18 mois à cravacher sans reprendre son souffle ! J’ai coupé la poire en deux et choisi de faire "pouce" au bout d’environ 15 mois. Je devais initialement prendre deux voire trois semaines, mais j’ai finalement passé une première semaine inactive certes, mais à Paris au fond de mon lit ! Qui sait si prendre des vacances auparavant ne m’aurait pas évité de tomber malade ?

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Certains indépendants travaillent sans relâche pendant une période donnée et s’offrent ensuite de longues pauses bien méritées. Pour d’autres, c’est plus difficile de s’arrêter. Et s’ils passaient à côté d’un gros contrat ? Auront-ils du travail à leur retour ? Et puis, ont-ils vraiment mérité des congés alors qu’ils se sont accordé une journée de ci de là lors de périodes calmes ?

Les vacances permettent de s’aérer et de prendre un peu de distance vis-à-vis de son activité. Au retour, la créativité et la productivité sont boostées ! Pour un traducteur, c’est aussi l’occasion de se rendre dans un pays de l’une de ses langues de travail, que ce soit la langue-cible ou la langue source, selon son lieu de résidence.

Quand on est son propre patron, le tout est de s’organiser un minimum pour que les vacances ne passent pas à la trappe. Pour moi, deux astuces se sont révélées utiles : la première, comme indiqué plus haut, consiste simplement à observer les périodes de calme et de forte activité de votre secteur pour planifier vos dates de départ l’esprit tranquille. La seconde est de prévoir un poste vacances dans votre budget pour couvrir non pas vos frais de voyage mais le manque à gagner pendant la période où vous ne travaillerez pas. Si vous souhaitez prendre un mois de vacances par an, il suffit de diviser par onze un mois de dépenses courantes et de mettre de côté cette somme chaque mois. Si comme moi vous avez été longtemps salarié, cela facilite aussi la comparaison entre vos revenus actuels et ceux de l’époque où votre entreprise payait vos congés !

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