Nous irons à Lisbonne âme lourde et coeur gai*

22 fév

Plus de quinze après avoir vu le film de Wenders, j’ai récemment fait un bref premier séjour à Lisbonne. J’avais vaguement en tête de décider si la ville me plaisait assez pour venir y travailler quelques semaines, comme je l’ai déjà fait à Berlin. Je n’ai pas percé le mystère de la ville. Il me faudra donc y retourner !

Je me suis appliquée à dire “pequeno almoço” au lieu de “café da manha” et “autocarro” à la place d’”ônibus”. J’ai arpenté les rues. Je suis allée au restaurant.

J’y ai trouvé ça :

un menu multilingue

Une version française du menu, c’est sympathique. Quand elle promet du Bitoque Veau Sans Oeuf et du Regout de Portugais (le dimanche uniquement),  c’est exotique. Et quand les desserts y sont des “doux” et que l’un d’entre eux porte le nom de “Sweet Home”, c’est poétique…

 

 

*Siramour (Fortunes, Robert Desnos)

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Danse des mots

14 fév

Comme beaucoup de traducteurs, je peux chipoter pendant des heures sur la signification d’un mot. Prenez “bilingue” par exemple, source inépuisable de débats sur la possibilité même d’avoir une maîtrise équivalente de deux langues. C’est en effet la définition généralement acceptée par les traducteurs. Le mot est toutefois souvent utilisé par le commun des mortels pour désigner une personne parlant deux langues, indépendamment de son niveau, une secrétaire bilingue par exemple. De manière plus abusive, certains emploient “bilingue” pour décrire un niveau de maîtrise d’une langue étrangère. Ainsi, on m’a déjà demandé si j’étais bilingue anglais et bilingue allemand, ce qui, vous me l’accorderez ferait de moi non pas une bilingue, mais une trilingue !

Ce qui m’intéresse aujourd’hui est la première définition que j’ai donnée. Je m’étonne de la fascination qu’exercent les bilingues sur certains traducteurs. Ces derniers semblent peinés de leur nature monolingue et rêvent d’un idéal bilingue qu’ils n’atteindront jamais. C’est comme s’ils pensaient qu’un bilingue, un vrai, faisait nécessairement un meilleur traducteur. Venant de professionnels qui affirment, et je suis d’accord, que le métier de traducteur nécessite bien plus que la connaissance d’une langue étrangère, cette attitude est pour le moins étrange. En effet, si un bilingue écrit aussi mal dans une langue que dans l’autre, on peut parier qu’il fera un bien piètre traducteur. Quant à l’avantage de pouvoir travailler  ”dans les deux sens”, il est surestimé à mon avis. En effet, de nombreux traducteurs à la carrière enviable travaillent exclusivement depuis une langue vers une autre. Et pour ceux qu’une seule paire de langues frustrerait, reste toujours la solution de multiplier les langues sources. Personnellement, je vis très bien le fait de n’avoir qu’une langue maternelle, d’autant que c’est la plus belle du monde.

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The secret life of words*

7 fév

Translators are known to nitpick on linguistics. I am no exception. One word which is sure to create a debate if you throw it in front of a bunch of translators is bilingual. Prepare yourself for a lecture on what a true bilingual is, as opposed to a poser.

The generally admitted idea in our circles is that a bilingual person is one that grew up bilingual and has a similar command of both languages. For instance: Jack’s mom is American, while his dad is French. That’s why he’s bilingual. I understand and accept the largest meaning of bilingual as someone who speaks two languages, even if they are only a native speaker of one language. For instance: She’s a bilingual lawyer working for a French firm in Italy.  On the other hand, I’m really irked by the use of bilingual to describe an undefined level of fluency in a foreign language. Example: Oh yeah, I aced my A levels in French and Spanish. I’m bilingual in French and in Spanish. I also want to learn German and become bilingual in German. Now that is annoying. Anyway, that is not my point. There has been countless debates on the misuse of the word bilingual. However, what truly bothers me is what comes next.

Once translators are done defining what constitutes a true bilingual, they usually go on to state that those  true bilingals are rare gems indeed, implying that they have an edge on monolinguals. But do they? I have no doubt that there are talented translators who happen to be bilinguals out there, but I sure have met bilingual translators whose work I haven’t been impressed with. I find it funny that some professionals who agree that  it takes much more than speaking several languages to translate seem to feel in awe of bilinguals and to envy them. Sure, bilinguals can work both ways in terms of source and target language, but monolinguals can still work with several source languages, as many do. Plus, lots of successful and respected translators choose to specialise in just one pair. Going back to my initial definition, just because you have a similar command of both languages doesn’t mean you have a great command of either language, in which case you can be mediocre both ways. I woudn’t describe that as an edge.

*http://www.imdb.com/title/tt0430576/

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On the right track

23 jan

 

J’ai suivi tout récemment l’excellente formation de la SFT Réussir son installation et se constituer une clientèle, animée par Chris Durban et Nathalie Renevier. Une journée très dense, mais aussi stimulante.

Dans la matinée, Nathalie Renevier passe en revue les différents statuts que peut adopter un traducteur, avant de présenter les documents utilisés au quotidien comme le devis, le bon de commande ou la facture. Le plus ? Des informations très à jour et des remises de pendule à l’heure sur certaines mésinformations qui circulent.

L’après-midi, c’est au tour de Chris Durban de prendre le micro pour présenter ses conseils dans la prospection de clients directs. Son attitude confiante et positive, loin des jérémiades de certains, est communicative et ses astuces pratiques ne demandent qu’à être appliquées.

Cerise sur le gâteau, un powerpoint reprenant les informations vues pendant les stages et plus encore nous sera envoyé sous peu.

Les prochaines sessions de la formation auront lieu à Angers le 1er mars puis à Villeneuve d’Ascq le 24 mars.

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School’s out

11 jan

Too cool for school is not typically how you would describe translators. We’re more of a bookish bunch of word nerds with a thirst for knowledge. In any case, I’m a firm believer in life-long learning and I like to learn stuff for the sake of learning. Here are some resources to teach yourself whatever you fancy.

khan academy is a non profit organisation providing free education via a video library on subjects ranging from arithmetics to history and economics. On top of the video lectures, it offers exercises and assessments. You can use the website without signing up (I do), but signing up with a Google or Facebook account allow you to get track of your progress. The videos are typically short (around 15 minutes) and very clear. And they actually have a translation project!

MIT open courseware has been offering free educational material from the famous Massachusetts Institute for Technology for the past 10 years. Courses include sciences and engineering of course, but also humanities and management. If you don’t know where to start, you can always have a look at the editor’s pick.

Sofia is a modeled after the MIT open courseware initiative. It encourages the sharing of community college level material. So far, it has published eight open courses: creative typography, elementary statistics, physical geography, enterprise network security, introduction to Java programming, introduction to macromedia flash, musicianship II and webpage authoring.

SoYouWanna is a fun website, where you can learn practical things like how to dye your own hair or how to play poker and not so practical things like what are the 10 most expensive cities in the US.

Finally, the Open university is well-known as a distance learning institution accessible to all those who wish to learn. It also makes a part of its ressources available free of charge through itunes, youtube and the website openlearn.

That’s it for today. I’m off to learn something new.

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Schooldays

4 jan

Les traducteurs aiment s’instruire. Les recherches pour un projet donné se transforment bien souvent en véritables séances d’auto-formation.

Voici cinq sites pour autodidactes en puissance :

Le Collège de France, institution unique qui enseigne le savoir “en train de se faire”, propose sur son site des podcasts et vidéos de ses cours. Littérature, mathématiques, histoire de l’art, chimie, philosophie… c’est l’occasion d’aborder toutes les disciplines, guidé par des pointures du domaine.

Le site quoi.info, créé récemment par trois journalistes, ambitionne de vous faire comprendre l’actualité en quelques minutes. Les articles sont courts et factuels. L’interaction est encouragée. Un peu de pédagogie dans un monde noyé d’actu.

Créé en 1999, le site du zéro propose des tutoriels, principalement en informatique, destinés à un utilisateur partant de zéro. Ou comment apprendre à programmer, créer un site ou maîtriser un système d’exploitation ou un logiciel, sans connaissances préalables.

Plus léger, le site pourquois.com résoud les petites énigmes du quotidien.

Comme son nom l’indique, tout apprendre brasse assez large : des cours de langues aux cours de compta, en passant par la musique, le code de la route ou la gestion du stress. La plupart des tutoriels sont désormais payants et ce sont ceux-là qui sont mis en avant. Il reste néanmoins des documents gratuits sympathiques sous forme de fiches express ou mini-cours illustrés.

La prochaine fois, je vous présenterai des sites anglophones sur le même thème. Bonne année !

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Be our guest

15 déc

Courtesy of Dan Hipp

Literary translator Lisa Carter has invited me to guest post about translating a graphic novel. It is now online here.

Do the right thing – English version

12 déc

I get asked a lot about what to look for in a translator and where to find one. My best piece of advice to anyone looking into buying a translation would be to read the ATA (American Translators Association) translation buying guide here.

You just want a couple tips to get you started?

Tip #1: Define your needs

Take a minute to think about what you need.  Just a one-off translation? Regular projects about the same subject matter? What about the volume? Can you give potential providers an idea of how long your documents are? Possibly a number of words? Are they to be translated in just one language or several? All these will help you decide who you want to work with and how much you want to spend on your translations. For a big multilingual project, you might want to hire an agency for instance. A good agency will manage the project for you, find suitable translators  for the job, provide editing and/or proofreading and deliver you the final product. On the other hand, if you have to get a certain type of document translated on a regular basis, a newsletter about your industry for instance, you might wanna build a relationship with a dedicated freelance translator. That way you’ll achieve consistency in your communication and you’ll be able to talk directly with the person about what you want. Also, you have more of a chance to find someone with a good knowledge of your industry.

Tip#2: Covering the basics

An interpreter translates oral communication, whereas a translator deals with written text. Some people work both as translators and interpreters but the two professions require a different set of skills. Basically, you can be a great orator and a poor writer and vice-versa, or you can excel at both. Anyway, I’m talking about written communication here. The source language is the language of the document you need to translate. The target language is the language you need to translate it into. A good translator only works towards their mother tongue. Exceptions to that rule include extremely rare language pairs where you have to compromise. For example, finding a czech to tagalog financial translator might not prove as easy as finding a Spanish to English legal translator. In some instances, you might have no choice but to work with a non-professional. In that case, you cannot expect a professional finished product. However, someone working in a “regular” language pair translating towards a foreign language sould raise a red flag. Them having a foreign spouse or having spend some time in the country is not a valid argument.

Some ressources

Most translators’associations run directories of their members. They’re not foolproof, but they are a great place to try and find a translator suitable to your needs, much better than a bidding site where anyone can say  ”hey, I’m a translator, hire me!”

A few suggestions:

ATA online directories

SFT’s directory (in French)

Public profiles of members of the American Literary Translators’Association

Directory of the alumni association of ESIT (my alma mater!)

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Do the right thing

23 nov

Dans mon entourage, on me demande souvent des conseils sur le choix d’un traducteur. Je ne peux qu’encourager tout acheteur de traduction à télécharger gratuitement la brochure de la SFT (société française des traducteurs) Traduction, faire les bons choix. Mais de manière plus brève, quelles sont les questions à se poser avant de faire traduire un document ?

Première chose : définir vos besoins

Devez-vous faire traduire un texte ponctuellement ou êtes-vous amené à adapter certains documents de manière récurrente ? Les textes doivent-ils être traduits à simples fins d’information ou pour publication ? À qui sont-ils destinés ? Avez-vous besoin d’adapter vos documents dans une ou plusieurs langues ? Quel est le volume de texte ? Avez-vous des délais serrés ?

Toutes ces questions orienteront le choix de votre prestataire, le budget alloué à votre traduction et votre stratégie de communication linguistique dans son ensemble.

Agence ou freelance ?

Si vous avez de gros volumes de texte à traduire vers plusieurs langues, il peut être judicieux de recourir à une agence, intermédiaire qui se chargera de trouver les traducteurs et réviseurs adéquats pour votre projet et de vous livrer le résultat final clé en main. En revanche, si vous devez faire traduire régulièrement des documents similaires vers une même langue, vous gagnerez sans doute à établir une relation à long terme avec un traducteur indépendant. Cela vous permettra de dialoguer en direct avec votre traducteur et de garantir la cohérence de vos communications. De cette façon, vous serez aussi à même de porter votre choix sur un traducteur qui connaît votre secteur et est habitué à travailler sur le type de documents dont vous avez besoin.

Où trouver un traducteur ?

N’importe qui peut se déclarer traducteur. S’adresser à une association ou un syndicat de traducteur, c’est la garantie de travailler avec quelqu’un ayant suivi une formation reconnue (dans le cas d’une association d’anciens élèves) ou s’étant engagé à respecter le code de déontologie de l’association.

L’association des anciens de mon école fait un excellent travail avec non seulement un annuaire en ligne, mais également la possibilité d’envoyer par mail une offre de mission, qui sera transmise aux membres travaillant dans les langues et le domaine concerné. Les diverses options sont présentées sur cette page.

L’annuaire des membres de la SFT peut être consulté en ligne, ici.

Si vous avez besoin d’une traduction assermentée pour un acte de naissance ou un autre document officiel, il vous faut faire appel à un traducteur expert auprès d’une cour d’appel. Cet annuaire vous permet de faire une recherche.

Petits rappels pour finir

Un traducteur travaille à l’écrit et un interprète à l’oral. La langue source est la langue de rédaction du document original. La langue cible est la langue vers laquelle vous voulez faire traduire le document. Les contraintes n’étant pas les mêmes à l’oral qu’à l’écrit, un traducteur professionnel travaille exclusivement vers sa langue maternelle, alors qu’un interprète peut travailler “dans les deux sens”. Lorsque vous rédigez un ordre de mission, indiquez clairement la langue source, la langue cible, la longueur du texte (idéalement en nombre de mots), le type de texte (communiqué de presse, étude, courrier, brochure…), le domaine abordé et le délai dont vous disposez. De nombreuses agences et traducteurs appliquent une prime d’urgence lorsque les délais sont serrés. Il est donc dans votre intérêt de ne pas attendre la dernière minute pour faire traduire vos documents. En outre, le travail sera fait plus sereinement !

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Le peuple migrateur

14 nov

Quick recap from my latest post in French:

I have a fascination for migration flows. In fact, it was the subject of my master’s thesis. So, it is no surprise that I was intrigued by the initiative Route der migration, last October in Berlin.

Route der Migration

The project involved red containers such as the one pictured above disseminated around the city with books, pictures, texts and films documenting the history of migrants. It was nice to see guest workers, asylum seekers, and people in search of a new start from Vietnam, Turkey or Korea represented and their contribution acknowledged.

Not long before seeing the containers, I got a chance to catch a movie about a German-Turkish family, http://www.almanya-film.de/ It is just a light-hearted comedy and the ending is pretty weak, but it provides some funny insights about cultural shock and integration. I recommend it.

Now that was my last post about my stay in Berlin… that is until my next stay!

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